MES ADIEUX AUX AGRES Poésie



Partir, c'est mourir un peu.....


4 Mai 1989


 


   Pour la dernière fois, je présente le drapeau et les quatorze véhicules acquits durant mon commandement. 




                                                                         

Partir, c'est mourir un peu...





 Né,

Au Nord.

Sevré,

Au sort.

Ecolier,

En Lorraine,

Et réfugié

 En Aquitaine.

Car, c’est « Quarante »

Avec chagrins et deuils.

Puis, c’est la Charente

Qui deviendra terre d’accueil.

Voici Cognac, sa rivière, son « bahut »,

Les copains, les copines, les chahuts,

Mais aussi Bernard, déporté à Buchenwald,

Pierre, Maurice et l’horreur du bal infernal,

Tourbillon de tout ce qui, sur le sol de France

En craquant, en hurlant a fait vieillir mon enfance.

Il arriva, enfin, ce jour béni où je revins chez nous,

Hazebrouck et moi on ne se connaissait pas beaucoup.

Une charrette, un premier bleu, siffler en travaillant,

Et si le plomb était pesant, combien, le zinc était brulant !

Bientôt l’armée, la montagne, et, à Auvours, l’école des Officiers.

Premier galon, premier commandement , mais, aussi, premières responsabilités.

Et puis la vie civile, le commandant Deschoot, et les Sapeurs Pompiers.

Années d’efforts récompensées par la confiance d’un Maire et de sa Municipalité,

André Becquaert et Roger Gueus, la Place Degroote et « l’’Arsenal »

Jean David, Charles Dehaudt, et tous ceux qui croyaient en notre Amicale.

Début des jumelages avec Faversham, Portz em Rheim et , aussi, Soignies.

Temps des copains, temps héroïques, peu de matériel mais de gros incendies,

Temps des rallyes, temps forts du renouveau, temps dur des grandes bagarres,

Dans la tourmente, contre le vent, l’eau, le feu, Francis tiens bien la barre !

S’il  faut, chez nous, des engins et des agrès, il  faut aussi des hommes,

Ceux qui, demain, vont gicler quand, dans leur « sélectif » l’appel »Au feu » résonne

Sur ce long chemin on perd, bien sur, bien des amis, bien des copains.

Compagnons de lutte, guerriers obscurs, non ! je ne vous ai pas oubliés.

Déjà, ensemble, nous formions les jeunes Sapeurs Pompiers de demain.

Grâce à vous, les gars, c’est certain, jamais je n’ai voulu plier.

Monsieur le Maire, mesdames et messieurs de la Municipalité,

Et vous, Sapeurs  Pompiers Hazebrouckois, mes frères,

Maintenant est venu le moment de tout quitter

Et de laisser le commandement à Jean Pierre.

Monsieur Desbucquois, il y a vingt cinq ans,

Me disait, ici, sous les lustres étincelants, »

« Capitaine, la Compagnie sera ce que vous en ferez »

Ces paroles là, Monsieur, m’ont empêché de foirer.

Jean Pierre, toi qui, demain, va me succéder,

Cette phrase là, tu dois souvent la méditer,

Ma Compagnie, prends en grand soin,

Vers l’avant, conduis là avec amour,

Défends là toujours de tes deux poings,

Pour elle, cogne comme un sourd !

Je vais pouvoir, enfin, me reposer,

Pour moi, vois  tu, c’est terminé,

 Les ans, l’ont ainsi décidé.

Il faut savoir finir,

Savoir se souvenir,

 Il faut savoir partir

Avec le sourire.

Dire « au revoir »

Un beau soir,

C’est la vie,

Mes amis.

Dire enfin,

FIN.


 

 




                                                                                           Officier de réserve

                                                   Avec mon ami Michel HUGUET   Porte drapeau des O.R. du Béthunois
                                                                       (Un garçon exeptionnel disparu cette année 2008)





                                                                                     Ecole spéciale militaire Coétquidam



                                                L'insigne des Officiers de réserve représentant les trois Armes


                                                                                      Conseiller prud'homme 1952




                                                                                                     Né ....au Nord...


                                                             Ecolier en Lorraine  (deuxième rang- 4 ème à gauche)

Réfugié en Aquitaine
(Le Secours National nous aidait  à camper)



 

Le Bahut,.....




Les copains, les copines ....



                                                                      Mais aussi Bernard déporté à Buchenvald..........

En 1940, notre famille s'est réfugiée à Saint Saturnin, un petit village charentais et ce sont Monsieur et Madame Butel qui nous ont hébergés au lieu dit "Le Maillou". Leurs fils André et Bernard sont devenus mes copains, Nous prenions, chaque matin " la Micheline" pour nous rendre à l'école Saint Paul à Angoulême.( L''école du président Mitterrand) En 1943, Bernard, voulant rejoindre les forces francaises en Angleterre en passant par l'Espagne, s'est fait prendre près du sanatorium de Cambo. Son transport partit de Compiègne le 23 Juin 1943. Nous n'avons plus eu de nouvelles de lui jusqu'à son retour. Quand j'ai pu le revoir, il m'a dépeint l'horreur de la déportation que nous ignorions alors. Matricule 14.475 à  Buchenwald, puis Dora le plus affreux des camps, il fut libéré le 11 Avril 1945.  Bernard est mort il y a deux ans. Je suis fier d'avoir cotoyé un "héros".


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