over-blog.com

Options

Fermer

Rechercher Rechercher
Administration
Connexion
Je n'ai pas encore de blog… Créer un blog

Le site de Francis Raout Poèmes sapeurs pompiers

Le site de Francis Raout Poèmes sapeurs pompiers

Evocation de souvenirs vécus sur les Sapeurs Pompiers. Rendre hommage à l'Armée francaise. Poèmes corporatifs.

Accueil Article suivant

Les adieux du capitaine des pompiers Poesie Un merveilleux poème, celui de ma fille

Pour mes adieux aux agrès,
Ma fille m'a fait tant pleurer.

 

 

HOMMAGE A MON PERE

 

 

 

 

D'aussi loin que je m'en souvienne.

Je l'entends hurler, hurler cette sirène !

A l'instant même ou elle retentissait, a

Je savais que rien, rien, ni personne,

Ne pouvait t'arrêter.

D'un bond, tu te levais,

La chaise basculait,

La porte claquait,

Le bruit strident des pneus sur le gravier,

Et toi, déjà, tu t'éloignais

 

D'aussi loin que je m'en souvienne….

Je l'entends hurler, hurler cette sirène !

De la rue Notre Dame au passage inférieur,

Les secondes, pour toi, valaient des heures et des heures.

Je connaissais chaque embûche du parcours,

Les virages, les stops, les sales carrefours;

Et quand, soudain, le " pin pon " inondait la ville de son cri

Je savais que pour nous la première phase de la mission était remplie.

 

D'aussi loin que je m'en souvienne…

Je l’entends hurler, hurler cette sirène.

Je t'imaginais, face au brasier,

Avec tes ordres et tes pompiers,

Avec les lances et les échelles,

Qui déjà se dressaient dans le ciel !

Ta voix déchirait la fumée…

"Vas y Tintin, vas y Robert,

Attends, Julien, attaque Jean Pierre !

De l'eau, de l'eau, les gars à fond !

Et quand soudain, face au démon,

Que tu narguais à pleins poumons,

La gueule ouverte tu le noyais,

A pleine pression, tu l'étouffais,

Un dernier souffle,

Une dernière flamme…

L'ennemi fou rendait son âme !

 

D'aussi loin que je m'en souvienne……

Je l'entends hurler, hurler cette sirène.

Et, quand enfin, tu revenais,

Portant, sur toi, l'odeur du feu,

Comme on abhorre un trophée,

Plus noir, plus fatigué que jamais,

Dans le fauteuil tu t'effondrais,

Laissant à l'enfant que j'étais,

L'honneur d'ôter tes bottes souillées,

Je savais, qu'une fois encore

Le dieu du feu était bien mort.

 

D'aussi loin que je m'en souvienne…..,

Je l'entends hurler, hurler cette sirène.

Dans tes pas ont suivi ceux de mon frère,

Comme toi, il est parti sur la folle lumière,

Et je suis restée seule et désespérée,

Dans ces nuits si froides et si glacées,

Triste sort des familles de pompiers.

 

D'aussi loin que je m'en souvienne……

Je l'entends hurler, hurler cette sirène.

Quand tu seras vieux et fatigué,

Qu'il ne restera que mon bras pour te porter,

Sache ô mon père,

Que de toi, toujours, je serai fière.

D'aussi loin que tu te souviendras,

La sirène, ô mon père,

Tu l'entendras.

 

 

                                            Marie Francoise DEREGNAUCOURT- RAOUT 

                                    auteur de "Puise la vie"

                                                                       5 Mai 1989 

 

 

Au décés de sa maman, ma fille avait 15 ans et c'était elle la maitresse de maison.           

Publié le 01/03/2008 à 10h01 dans POEMES SUR LES SAPEURS POMPIERS

Accueil

Retour sur le site classique