II NOVEMBRE
BANQUET DES ANCIENS COMBATTANTS
Laissez moi, tous vous regarder,
Et puis, permettez moi de me souvenir,
De ces années que le temps a poignardées,
Avec vous, laissez moi rajeunir.
La Salle des Fêtes chante et brille,
Vous êtes là, vous avez vingt ans,
Vous êtes si fort, elle est si gentille,
Et votre bel uniforme est éclatant.
Elle a seize printemps,
Serre la, serre la longtemps,
Car ses grands yeux désirent ,
Et ses petits seins aspirent.
La Salle des Fêtes obscure pleure,
Car du grand cirque a sonné l’heure.
Vous êtes au loin dans les merdiers.
Pour lui, ma fille, il faut prier,
Car c’est la boue dans les tranchées,
Sueurs dans sables et rochers,
Et la flotte dans les rizières.
Pour lui, ma fille, fais ta prière.
Votre bel uniforme n’est plus tenue de soirée,
Le plus ancien , là bas, est en bleu horizon,
L’autre porte le casque à cimier aciéré
Un jeune, de sa « Bigeard » modifie l’inclinaison.
Leurs bras ne serrent plus une femme à investir,
Mais pointent une arme froide et prête pour le tir.
J’ai voulu rester témoin de vos épreuves,
Pour, de vos faits d’arme, garder les preuves.
J’ai fait parler ceux de Verdun,
J’ai fait parler ceux du Tonkin,
J’ai fait parler des grands blessés.
J’ai fait parler des gens gazés,
J’ai fait parler ceux des avions,
J’ai fait parler ceux des canons,
J’ai fait parler ceux de la mer,
Et souvent, j’ai vu pleurer leurs mères.
Permettez moi que, de nouveau, je vous regarde,
Vous qui, des disparus, restez les gardes,
A un pour mille ou pour dix mille,
Peut être même un pour cent mille,
Vous qui vivez vous les représentez,
Vos frères de sang, ceux qui y sont restés.
Tous ces vieillards de vingt ans , en rangs serrés,
Concrétisant par leurs croix bien alignées,
Le mot « Discipline » dont ils étaient saturés,
Et le mot « Liberté » qui les avait tant imprégnés.
Je vous regarde, Monsieur, vous n’avez plus vingt ans,
Je vous regarde, Madame, vous n’avez plus seize ans
Mais vous avez, Monsieur, toute mon admiration,
Mais vous avez, Madame, toute votre abnégation.
Vous êtes les fils des feux de la guerre,
Vous avez vu mourir tant de vos frères naguère.
Je commandais les fils des feux de la paix,
Unissons nos pompiers morts dans le même respect.
Pour nos fils et nos filles qui ne savent plus...Hélas !
Pour vos pères et vos mères qui furent fiers de vous,
Pour notre Patrie, pour la France, je vous embrasse,
Vous me faites encore pleurer, ça je vous l’avoue.
Francis RAOUT
11 novembre 199O
Coupe papier, au nom de maman, confectionné à Verdun, en 1916, par un combattant de notre famille avec le cuivre d'un obus
Sonnerie "Aux Morts"
C'étaient deux
cousins de Maman( deux instituteurs)
La vitrine emouvante du petit musée de la Tour Lanterne de Lorette.
La balle qui l'a peut être tué a traversé le carnet
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PAGE 6: Défilés, revues à Paris 1944 45-46
PAGE 7: L'obusier francais en 1939
PAGE 8: Journal de marche de l'artilleur francais 1944
PAGE 9: Suite 1 du journal de marche
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PAGE 11: Suite 3
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