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Pompiers d'Hazebrouck - Aprés 1970- Le nouvel arsenal -

 

Démarre donc une nouvelle époque qui, pour moi, va durer une petite vingtaine d’années. Je décide de créer un insigne à nos armes. La première séeie sera numérotée et mon insigne porte donc le n°1 et les autres sont attribués dans l'odre des grades et des dâtes d'entrées au Corps.

 

Survolons donc les évolutions qui, dans tous les domaines vont transformer notre service public durant cette période où tout va s’accélérer.

 

Les bâtiments et les logements :

 

Première nécessité – Obtenir l’aménagement d’un petit bureau (2.50X2.50) dans un angle du dépôt municipal avec le percement d’une porte vitrée donnant sur la cour. Jean David

puis Charles Dehaudt y rédigerons, bénévolement, des milliers de rapports.

 
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    Le dépot municipal et les deux habitations des deux permanents



Le parc de véhicules augmentant nous récupérerons les travées occupées par les camions des éboueurs et nous percerons une porte de communication entre les deux parties du hangar.

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Les "camions poubelles" étaient dans les quatre dernières travées
Les portes étaient en bois et  à battants


Dans l’extrémité du garage nous créons une « salle radio » dès l’arrivée de la station fixe.

 

A la construction des nouveaux ateliers municipaux nous récupérerons la menuiserie et en ferons le bureau du Corps avec une salle d’archives qui, en 1982, lorsque je quitterai « l’arsenal » sera transformée en garage personnel du permanent qui occupera mon logement.    

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 A l'étage, l'appartement du Chef de Corps, en dessous la "menuiserie" transformée en bureau, à gauche la "forge"
 En 2011, la  forge est toujours forge, tout le reste (appartement compris) est transformé en différents bureaux du Corps



 

Le local « Electricité » est également récupéré, nous en ferons deux chambres de garde et une salle de douches.

 
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Le local "électricité" était sous l'auvent (partie noire) A remarquer l'avancée(dernièrement réalisée) des deux travées (les échelles sont trop longues de 20 cms)


Le dépôt municipal nous sera également alloué en 1982, nous y logerons nos ambulances.

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L'ancien dépot où nous rentrions nos ambulances après l'ouverture des trois portes. Le premier bureau était à l'emplacement de la première jardinière. On aperçoit la plaque en marbre de nos Morts pour la France

 La « forge » restera toujours en place, c’était sous la responsabilité de J.P. Bogaert, « l’atelier des pompiers ». Que  « d’améliorations » y a-t’il réalisées, bénévolement, pour perfectionner nos matériels ?

Au départ du « permanent » célibataire, nous avons obtenu un troisième ouvrier municipal sapeur pompier logé dans une maison face à l’arsenal, achetée par la Ville.

 

 



                                         La caserne vue du haut de l'échelle

Permanents et permanence :

 

En réalité, depuis André Bécaert logé à l’ancien arsenal, nous n’avons plus eu de vrais « permanents » c'est-à-dire affectés uniquement au service d’incendie. Les trois, puis quatre, sapeurs pompiers logés étaient des employés municipaux qui dans les heures ouvrables avaient un travail « ville » plus où moins proche de l’arsenal. En dehors de ces heures ouvrables un tour de rôle téléphonique était défini ainsi qu’un premier départ. Il faut attendre le 5 Mai 1989, lorsque je pars à la vétérance pour que J.P. Bogaert soit désigné Chef de Corps affecté uniquement au service incendie et par la suite, nommé premier sapeur pompier professionnel à Hazebrouck.

 

Premier gros feu en 1970. Librairie Maure.

    C'est l'ancien magasin de Mr Darou - Sénateur du Nord -  Notre intervention a obligatoirement sauvé les gens bloqués à l'étage - D'autre part le rapport ne signale pas qu'une fuite de gaz enflammée (tuyau de plomb fondu)  dans l'ancien bureau de Mr Darou situé près de l'entrée que je ne voulais pas éteindre par risque d'explosion, aggravait la situation. Extinction totale effectuée aprés fermeture du compteur par un plombier de métier, sapeur pompier, équipé d'un appareil respiratoire isolant) .

 
 Le  plombier, c'est Tintin ( qui deviendra le Capitaine Christian Raout)


 

Matériels :

 

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 En 1970, nous possédons donc quatre véhicules et nous sommes dotés en  1971 d’une E.P.A. 30 Echelle Pivotant Automatique 30 mètres déployée, avec nacelle.

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 Ma belle échelle va, quelques années après moi, partir à le retraite (un musée peut être) Sa remplacante est arrivée. (Elle a déjà été changée trois fois depuis.)



1974


 

 

Notre calendrier d'alors, à noter que nous n'avons pas encore le 18 et que mon numéro personnel est indiqué par mesure de sécurité et cela a beaucoup servi.


1975



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Le Colonel Loisel et le service départemental allouent un gros extincteur à poudre dans tous les Centres de secours du Nord et placent dans les Centres Principaux une unité d’alimentation  (Camion dévidoir tous terrains Unimog  avec 2 Kms de tuyaux de 100 pliés en écheveaux -  Pompe tractée de 90 m3  heure). J. P. Bogaert construira deux lances canons (L’une, fixée sur le camion, l’autre remorquable ) grâce à la récupération chez mon client «  MOBIL » de deux genouillères à joints tournants. Cet ensemble et sa puissance en eau fera des prodiges sur les gros feux de ferme dans tout le secteur de l’ex arrondissement.
Donc en 1975, nous avons huit véhicules, les travées sont remplies.


 

 

La lance canon construite par nos soins,  mais surtout par Jean Pierre Bogaert..



  Notre première " Unité d'alimentation"

 

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Les malheurs du dévidoir automobile. ( De mon temps j'aurai râlé, bien que le conducteur n'était pas fautif)

  

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  Nos véhicules en ces années là 

 

Le véhicule N° 1 de l'Unité de dépollution du département du Nord, certainement la première en France chez les "volontaires".

Cet ensemble consistait en un véhicule camion citerne « Bedford »avec pompe à vis incorporée pouvant aspirer pratiquement tous les produits chimiques liquides, les acides et les hydrocarbures, tractant une pompe identique et un camion tous terrains « Unic » transportant 400 m de barrage de rivières et des citernes souples pouvant emmagasiner 75.000 litres de produits pollués.  Ce camion, tractait un Zodiac imputrescible muni d’un moteur H.B. de 50 cv et il était équipé d’une grue pour déposer les divers fardeaux et mettre le zodiac à l’eau. Des écrémeurs de surface et divers outils complétaient le chargement avec des tuyaux spéciaux et des tenues et masques spéciaux.


 

Le père et le fils devant " leur dépollution"
                                            

     
          Notre spécialité (mon fils et moi) incite le Colonel Loisel à nous doter (avec mission de perfectionnement) de la première unité de dépollution du Nord et du Pas de Calais, qui fut certainement la première en France à équiper des volontaires. (Les débordements de citernes  d’hydrocarbures étaient fréquents, « pas de limiteurs de remplissage » - De trop nombreux camions versaient au fossé – J’ai traité des kilomètres de rivières polluées). Nous sommes intervenus sur tous les départements limitrophes.

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  L

        Le père et le fils   ( tuyauteurs essence)  "au boulot"  Le coup de pompe du père....

 

   Cauchemardesque nuit.


Personne ne peut imaginer l’abnégation de ces gars qui, toute une nuit, sont dans le zodiac, sur la Lys, près d’un barrage, sur une nappe de fuel noir, et qui doivent, sous la neige, dégager les branchages et autres débris que la rivière en crue envoie sur les écrémeurs les empêchant de fonctionner, Le Zodiac se remplit et de branchages et de détritus et par suite de fuel et les hommes sont à genoux dans ce cloaque.  On les tire à la berge, on vide le zodiac et ils recommencent.

 Nous sommes à huit cents mètres de la Belgique et la mission est : A tous prix, éviter l’arrivée du fuel à l’étranger.( Citerne industrielle ayant perdu son contenant)

Mon  Colonel, le  fuel ne gagna pas la Belgique  
    
 

 

 

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Le Colonel Pierre Loisel, à qui je présente la Compagnie était fier de nous.

 

 

A  tous ces   engins spéciaux sont venus s’ajouter des fourgons de transport et des ambulances ainsi qu’une voiture de commandement modèle départemental (304 Peugeot noire.....on nous  prenait pour la police)

Nous avons fait acheter un Fourgon Tonne Pompe que nous ( surtout J. P. Bogaert), transformions en « Désincarcération » par l’ajout d’une génératrice sur la prise de force  qui faisait  fonctionner électriquement tous nos outils.

Tous les F.P.T. étaient équipés d’un éclairage en hauteur sur mat articulé, fabrication maison

Le département nous avait fourni un compresseur tri-étagé pour remplir les bouteilles à air comprimé des appareils respiratoires – Tous les Corps d’alentour venaient se ravitailler chez nous.

 

Habillement :

 

J’ai toujours connu une correcte tenue de sortie pour tous mais il nous est très difficile d’obtenir des tenues de feu, bien qu’en 1969 nous sommes équipés de casques chromés réglementaires. Les vestes en cuir faisant défaut, l’Amicale achète, aux surplus, des vestes de gendarmes motocyclistes. Il faudra attendre 1975 pour avoir des bottes en cuir ; Beaucoup de pompiers avaient acheté des bottes « perso ». Les premières tenues « Kermel » sont également achetées par l’Amicale en 1980.

Jamais «  de mon temps » les pompiers d’Hazebrouck n’ont touché des chemises d’uniforme payées par la Ville. Personne  ne m’en voudra ( c’est du passé) de narrer cette anecdote ; En 1971, la Municipalité refuse ma demande d’achat de chemises bleues, « objets d’apparat » - Défilé du 14 Juillet – Cravates  de feu noires autour du cou ( comme un cache nez ) – Arrivée derrière la Musique au pas cadencé  à proximité des personnalités sur le perron de l’Hôtel de Ville- l’ordre fuse : «  Pas de route… marche ! vous pouvez fumer »  Les cigarettes s’allument- la cadence est brisée – on converse –Au bout de trente mètres, nouvel ordre « Cigarettes à terre – Pas cadencé marche ! » Le lendemain, dans le bureau du Maire (mon copain d’école – 3 mois de sixième sur le même banc en 1939)  je me suis excusé sur la manière avant qu’il me dise « Nous achèterons tes chemises » Je lui ai répondu «  Jamais tant que je serai en place » L’Amicale a fourni chemises bleues et blanches jusqu’en 1989.  Cela n’a jamais provoqué l’ombre d’un malaise entre le Maire et moi-même.






                                                                                   
   Et toujours  "de bons feux" avec mes "gars"
 






                                                       Et encore des feux de fermes

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Tag(s) : #HISTORIQUE Source ARCHIVES DE LA COMPAGNIE 1882

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