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Le "grand anneau  de mémoire" prend forme devant l'entrée de la nécropole nationnale  de Notre Dame de Lorette   - septembre 2014005anneau lorette sep 2014

 

 

 

octobre 2014  Photo  La Voix du Nord 

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Tombés à Lorette en 1915, deux soldats français pourront-ils reposer chez eux?

 

 

 

Alain Jacques et le service archéologique de la ville d’Arras ont identifié les corps de deux soldats. Léon Senet et Pierre Sorhaïts reposeront où ils sont tombés, à Ablain-Saint-Nazaire, ou rejoindront bientôt leur terre natale, Tours ou un village des Landes.

Ce sont les risques du chantier. Ou plutôt une chance. Là où les engins font naître le futur Anneau de la mémoire à Ablain-Saint-Nazaire, ils ont aussi redonné leur humanité (en mettant au jour leurs dépouilles) à deux soldats tombés là, au combat, il y a 99 ans. Ils ont été identifiés, leurs familles sont à présent recherchées. Ou quand l'émotion gravite autour des rigoureuses procédures.
Le premier était landais, le second né à Tours. Pierre Sorhaïts et Léon Senet n'avaient pas 30ans quand ils ont perdu la vie à Ablain-Saint-Nazaire, loin de leurs proches, loin de chez eux. Sous le feu de la Grande Guerre. Tout laisse à penser qu'ils ont été de la première bataille d'Artois, participant à l'avancée de la ligne française le 12mai 1915. Les vestiges d'une petite chapelle en témoignent encore. Ils sont tombés une dizaine de jours plus tard. Le 21, le 22, le 23? Difficile à dire exactement. Il y a quelques jours, le hasard d'un chantier a rattrapé leur histoire. Leurs dépouilles ont été trouvées à l'endroit où bientôt un gigantesque monument recensera toutes ces victimes. Une plaque d'identification, quelques effets personnels et surtout un nom, fruit du minutieux travail de fouille et d'analyse du service archéologique de la ville d'Arras. «35 à 40% des soldats tués n'ont pas de sépulture connue, ou n'ont pas d'identité», note son directeur Alain Jacques. Et quand on sait que 600000 soldats ont disparu entre la Belgique et les Vosges entre 1914 et 1918, retrouver l'identité de deux d'entre eux n'a rien d'anodin. «En moyenne, sur dix dépouilles, on parvient à identifier trois soldats», ajoute l'historien Yves Le Maner.
L'Office national des anciens combattants entreprend en ce moment même les démarches pour retrouver les familles de Pierre et Léon. Elles pourront choisir de récupérer les objets et rapatrier la dépouille. «Depuis 1920, une loi a permis à 300000 corps d'être ramenés à leurs familles aux frais de l'État», explique Yves Le Maner. Pour Alain Jacques, «c'est toujours un moment extraordinaire, beaucoup ont conservé une photo de leur aïeul, veulent venir sur le site. Ça donne le frisson, c'est une charge émotionnelle très forte.» Si la famille n'est pas retrouvée, les soldats pourront être inhumés et reposer à Ablain-Saint-Nazaire. Pour Léon Senet, la ville de Rosny-sous-Bois (sa dernière adresse connue en région parisienne) n'exclut pas de l'accueillir et de lui réserver une place dans le carré dédié à la Grande Guerre.
Sur le chantier, depuis six mois, cinq autres corps ont été trouvés, quatre Français et un Allemand (selon l'équipement) qui, eux, n'ont pas pu être identifiés.
En plus du symbole, ces découvertes permettent d'observer «sans filtre» ce qu'a été le conflit, jusque dans la singularité de ceux qui en ont été les acteurs.
PAR NICOLAS CHAUTY
region@lavoixdunord.fr
PHOTO PASCAL BONNIÈRE
3 juillet 2014
Tag(s) : #GARDES DE LORETTE

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