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   Notre ami René Mugnier, de Bourg Saint Maurice, nous fait parvenir aujoud'hui les résultats de sa recherche  concernant la relation des évènements par les journaux au moment du crash de notre B 17. Avec un  journaliste du Dauphiné Libéré que nous remerçions vivement, ils se sont plongés dansl es archives microfilmées du quotidien de la Savoie.  Je me retrouve donc dans cette période qui a tant marqué ma vie. René nous dit que les photos sont inexploitables mais revoir le lieutenant Mollard, même en sépia brûlé, m'émotionne et je ne résiste pas au désir de les publier.

 Merçi René, d'avoir recopié intégralement, les articles du journal malgré l'énorme difficulté éminente comme le prouve le document ci dessous..

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Dans le massif Mont Blanc

 

L’épave d’une forteresse volante  retrouvée par les éclaireurs-skieurs du 99 B.I.A.

 

L’avion était porté disparu depuis le 31 octobre 1946.

(De notre envoyé spécial : Albert ALEX). 

 

Albertville 1er août – on ne compte plus les catastrophes aériennes que la montagne  mangeuse d’avions aveugles, qui sont venus s’écraser sur ses flC’est un de ces drames ignorés qui, après des mois et des mois écoulés depuis le heurt tragique, vient d’être découvert inopinément par des hardis soldats de chez nous, de jeunes alpins du 99ème B.I.A. en garnison à Bourg St Maurice, au cours d’un périlleux exercice d’entraînement en haute montagne, dans le site altier et sauvage de la vallée des Chapieux, en Tarentaise.

 Neuf vies humaines foudroyées dans une machine volante littéralement émiettée contre la matière, tel est le douloureux bilan révélé par la découverte faite mercredi matin sur la face sud de l’Aiguille des Glaciers qui dresse à l’extrémité sud du massif du Mont Blanc, à la frontière italienne, à proximité du col de la Seigne, sa pointe audacieuse à 3870 mètres d’altitude.

Le 31 octobre 1946, dans la soirée, on signalait la disparition d’un avion militaire de bombardement, du type B-17, ayant à bord neuf sous officiers et officiers, dont plusieurs officiers supérieurs, qui se rendaient de Naples à Londres, en mission officielle.

L’appareil devait, pour accomplir le trajet, survoler les Alpes sur un assez long parcours et franchir notamment la plus grande partie du Mont Blanc.

Or, un orage sévissait ce jour là sur la montagne.

A l’heure où on l’attendait à Londres et bien plus tard, l’appareil n’était pas rentré.

Des ordres de recherches furent aussitôt donnés par la région Alpine où l’on pensait que l’avion avait pu être pris dans la tourmente.

Et c’est ainsi qu’à Bourg St Maurice le 99ème Bataillon d’Infanterie Alpine pris aussitôt la montagne et, pendant 3 jours, fouilla minutieusement la région de Tignes et de la Grande Sassière, où l’on pensait qu’avait pu tomber l’appareil.

Toutes les recherches demeurèrent vaines et le grand hiver blanc s’appesantit sur les cimes, recouvrant tout de son linceul.

 

UNE TACHE VERTE SUR LES ROCHERS

 

Mercredi matin, des cordées de la section d’éclaireurs skieurs du 99ème B.I.A.- qui ne chôme guère et dont le plus récent exploit consista à ficher le drapeau du bataillon au sommet du Mont Blanc, procédait sur la face sud-est de l’Aiguille des Glaciers, sous le commandement du lieutenant Mollard, à un périlleux exercice d’entraînement en haute montagne.

Périlleux parce que, si l’Aiguille des Glaciers est, malgré ses 3870 mètres, accessible par l’itinéraire normal, il n’est pas connu jusqu’ici qu’il ait été fait par la face sud-est extrêmement dangereuse, sur laquelle nos hardis alpins exercent leurs jeunes talents.

 

 

 

La forteresse volante retrouvée sur le Mont Blanc

 

Alors que partant à 10H30 à 3700 mètres, ils étaient en vue du sommet, les éclaireurs aperçurent soudain sur le rocher une étrange tâche verte, poussant alors jusqu’à celle-ci ils se trouvèrent tout à coup au milieu d’un tas de débris d’avion qu’ils identifièrent comme appartenant à un appareil militaire américain de bombardement du type B-17.

Dès lors, il n’y avait pour eux plus de doute, l’avion disparu qu’ils avaient vainement cherché à l’automne dans la région de Tignes, se trouvait là, sous leurs yeux, fracassé, émietté, dispersé.

La tâche verte aperçue était une partie de la carlingue.

Tout à l’entour, des débris, dont le plus gros ne mesurait que 3 ou 4 m² jonchaient le rocher, le moteur était profondément encastré dans le roc.

Pris par le mauvais temps, une tourmente de neige vraisemblablement, à cette époque de l’année, l’appareil avait percuté l’Aiguille à 3760 mètres d’altitude, soit à moins de 200 mètres du sommet.

Dans la région des Chapieux, complètement évacuée par ses habitants à cette période, personne n’avait été là pour percevoir l’écho du choc.

Aussi bien quelqu’un s’y fut il trouvé que le grondement de l’orage l’eut rendu inaudible à l’oreille humaine.

 

De pauvres restes humains.

 

Poursuivant leurs recherches, les Alpins devaient bientôt retrouver dans une veste tâchée de sang et en partie carbonisée, l’ordre de mission, qui leur confirma qu’il s’agissait bien de l’avion Naples-Londres, porté disparu à l’automne.

Se dispersant dans les rochers, nos petits soldats relevèrent quelques pauvres restes humains, ici une tête, là un bras, plus loin une dent en or, des insignes, des décorations qu’ils mirent aussitôt à l’abri dans des anfractuosités de rocher.

La noire menace d’un gros orage devait les contraindre, hélas à abandonner ce jour là le terrain, une demi-heure après leur découverte lugubre.

 

Mais on remontera au glacier

 

Les recherches vont être reprises aujourd’hui et poursuivies jusqu’à ce qu’ait pu être retrouvé le maximum de dépouilles.

Il est à craindre que les corps violemment éjectés dans la nature n’aient été littéralement dispersés ou engloutis, peut-être dans de profondes crevasses ou que découverts au cours de l’hiver par la neige, ils aient été déplacés par le travail du glacier.

L’appareil transportait 9 militaires de l’armée américaine, 2 colonels, un commandant, un lieutenant et l’équipage composé d’un sous lieutenant et de 4 sous officiers.

Un détachement américain de 6 hommes est attendu aux Chapieux.

Il se joindra aux alpins du 99ème pour poursuivre de difficiles recherches.

De Chapieux il y a en tout 7 heures de marche harassante pour atteindre l’endroit où gisent les corps et qui n’est accessible qu’au prix d’intenses et périlleux efforts, un travil a effectuer essentiellement en rappel.

Mais on peut être sûr que les dévoués éclaireurs du 99ème feront l’impossible pour arracher à la montagne tout ce qu’ils pourront de sa proie.

Ils y mettent d’autant plus un point d’honneur que leur magnifique bataillon a des affinités américaines  nettement marquées, n’était il pas déjà au siège de Yorktown lors de la guerre de l’indépendance américaine et ne compte t’il pas dans ses rangs, comme caporal d’honneur, le consul général des Etats-Unis à Lyon ?

 

  Sur l'article suivant , nous distinguons le profil du Lieutenant Mollard

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  Le lieutenant Mollard

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Dans le massif du Mont Blanc

 

Après la découverte de l’épave tragique de la forteresse volante

 

Les éclaireurs skieurs du 99ème B.I.A. essayent d’arracher à la montagne les restes des neufs passagers.

Une mission américaine arrivée samedi travaille en collaboration avec nos alpins

 

Les membres de la mission américaine à leur arrivée à la caserne de Bourg-Saint- Maurice. En médaillon, le lieutenant Mollard, commandant la S.E.S. du 99ème B.I.A. qui découvrit la forteresse volante.

 

Bourg-Saint- Maurice 3 août -

 

Après leur découverte de mercredi dernier, les hardis alpins n’avaient qu’un désir : repartir au plus tôt pour essayer d’arracher à la montagne les pauvres dépouilles des victimes qu’elle a foudroyées.

Mais cette une entreprise extrêmement ardue qui demande aux audacieux sauveteurs non seulement une technique parfaite de l’altitude mais aussi beaucoup de cran.

 

Des recherches périlleuses

 

Comme nous l’avons mentionné « B-17 » s’est émietté contre l’aiguille du massif à plus de 3700 mètres d’altitude, dans la face sud-est habituellement délaissée par les alpinistes parce que très abrupte.

De plus les chaleurs exceptionnelles de ces deux dernières semaines ont découvert dangereusement le glacier.

Tous les jours des bancs de neige s’effondrent semant d’embûches le parcours.

Le rocher naturellement friable rendu plus pourri encore par les chutes de pierres, se déclanche constamment.

Aussi 4 cordées seulement, formées chacune de quatre alpins, peuvent-elles travailler en prenant des grandes précautions.

Parties à 2 heures du matin des Chapieux, les cordées commandées par le lieutenant Mollard, ont fouillé la paroi, visité les infractuosités inlassablement, toujours au dessus du vide, sous un soleil implacable, les éclaireurs étaient de retour à 21 heures, exténués de leur long effort, rapportant les renseignements suivants :

Les nombreux débris métalliques caractérisés par leur petitesse sont dispersés.

Le bombardier s’est littéralement émietté.

Quelques documents ont encore étaient découverts, en particulier des messages radios que l’on va étudier, mais aucun nouveau reste humain.

Il est à craindre que les corps broyés par le choc aient été projetés sur le glacier, la neige de l’hiver les aura inexorablement recouverts pour de longues années.

 

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Une mission américaine sur les lieux.

 

Samedi soir arrivait un détachement du 539ème « quarters masters services company américan graves registration command 3è zone Nancy », commandé par le premier lieutenant Louis A.Bockstakmer,  ayant comme adjoints le sergent-chef Clifford, chef des sections des exhumations, et M.Joss A.Geno investigateur.

Ce sont des spécialistes de la reconnaissance et de la recherche des corps dotés d’un matériel moderne : sacs spéciaux, enveloppes métallisées pour recueillir et envoyer les dépouilles dans des centres d’identification à Fontainebleau.

La mission va se fixer à Chapieux et travaillera en collaboration avec la S.E.S du 99ème B.I.A.

Les recherches vont être accélérées durant cette semaine car on redoute un changement de temps qui les interromprait fatalement.

 

 

Une émouvante cérémonie à Bourg-saint-Maurice pour la

levée des corps des victimes américaines de l’accident

d’aviation de l’Aiguille des Glaciers

 

Bourg –st-Maurice 11 août -

La cérémonie de la levée des corps des aviateurs américains tombés l’année dernière à l’Aiguille du Glacier a eu lieu ce matin au camp alpin du 99eme B.I.A. de Bourg-saint-

Maurice, avec toute l’ampleur et l’émotion que comportait cet hommage de l’armée et de la population aux valeureux soldats alliés.

Dans la cour d’honneur du camp, autour d’un mat  à la double oriflamme française et américaine en berne et au pied duquel une garde d’honneur veillait le drapeau du 99eme B.I.A. était formé le carré de tous ceux qui venaient adresser un suprême hommage et adieu aux aviateurs américains victimes du devoir.

A 10h30, la sonnerie « la Générale » annonce l’arrivée du général Collignon représentant le ministre de la guerre, commandant la 14e Subdivision et le général Powel, commandant des forces aériennes de transport en Europe, venu spécialement par la voie des airs, le général Michel, le préfet de la Savoie, représentant le chef du gouvernement, le sous préfet, le maire de Bourg-St-Maurice, les maires des communes environnantes ainsi que les représentants des services publics, des douanes, des eaux et forêts, etc…

Après les présentations, la cérémonie commença par la « Marche Funèbre » de Chopin.

 Un catafalque drapé de l’Etendard étoilé desEtats-Unis était porté par 4 éclaireurs-skieurs des Chapieux escortés par des chasseurs l’arme en berne.

L’absoute fut donnée par le clergé de Bourg-St-Maurice puis les généraux Collignon et Powel prononcèrent une allocution.

Le général Powel remercia en son nom et au nom de la ville d’York-town dont il est originaire, nos courageux éclaireurs-skieurs et leur chef le lieutenant Mollard ainsi que toutes les autorités qui ont coopéré à assurer le retour des dépouilles des aviateurs américains.

Il remercia également la population pour l’hommage rendu à ses subordonnés et camarades et souligna les liens d’amitié qui unissent les armées française et américaine dans le passé et dans le présent.

A l’issue des discours la sonnerie « Aux morts » retentit.

Les honneurs militaires furent rendus par les troupes.

L’hymne national américain et « La Marseillaise » suivirent cette minute poignante.

A 11h, la cérémonie s’acheva par la levée des corps qui furent dirigés sur le Bourget-du-Lac.

 

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Tag(s) : #Armée de montagne- Chasseurs à pieds- Crash B17 US

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