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Ce vendredi 2 août 2013, avant que nous nous rendions sur les lieux du crash, Monsieur Max Herbeau, Maire de la Commune de Morbecque nous a reçu en Mairie pour faire le point sur nos recherches concernant le Shangrila Lill.

 

Monsieur Jocelyn Leclercq, un éminent spécialiste de tout ce qui concerne les crashs d’avions dans notre région avait accepté notre invitation et nous le remercions vivement.

 

Mes amis Gérard Hellebois, Henry Roussey et André Vermeulen, témoins visuels de l’évènement étaient également présents.

 

Chacun d’entre décrivit ses souvenirs.

Pour Gérard, la vision de l’avion en phase d’atterrissage au ras des toitures et le souvenir d’avoir vu un mitrailleur dans sa tourelle pointer sa mitrailleuse double sur un chasseur allemand situé plus haut que la forteresse, tirer et le toucher car il vit de la fumée noire s’en dégager quand il volait au-dessus de la forêt de Nieppe direction Haverskerque. Il croyait qu’il s’était écrasé dans la forêt mais il n’a pas vu sa chute, obnubilé par le sort du bombardier en perdition.

 

Henry et André étaient avec leurs pères et des frères dans les champs et les deux groupes étaient distants d’environ 250 mètres. André a donc vu la forteresse arriver sur eux mais heurter la ligne à haute tension et une rangée de gros saules qui lui fit, faire un volte face et de gros dégâts. - 150 à 200 mètres. les séparaient de l’épave. - Henri confirme le témoignage d’André il ajoute qu’il a vu un chasseur allemand au dessus du bombardier et aperçu un parachute

Monsieur Leclercq a donc pris bonne note des témoignages et va les comparer avec tous les nombreux écrits de l’époque, qu’il a en sa possession, pour essayer d’affirmer que le chasseur allemand qui s’est abimé à Saint Venant est celui dont parlent Gérard et Henry. Mais il nous signale que ce sera très difficile car nulle part ce fait de guerre n’est mentionné dans les rapports concernant cette opération de bombardement. Pourtant pour nous, c’est la vérité et combien nous aurions été heureux d’en faire don aux familles de l’équipage.

 

Puis nous nous sommes rendus sur les lieux et des précisions sur l’endroit exact du crash ont été données.

Nous nous sommes séparés en nous donnant rendez vous le 27 août prochain à 10 H devant la Mairie de Morbecque pour faire un geste de recueillement envers nos « Héros américains du B17 de Morbecque», geste qui sera, peut être, prémisse d’une commémoration officielle. Mais il ne sera pas possible d’ériger une stèle sur les lieux mêmes du crash situés au centre d’une immense plaine agricole uniquement accessible à son exploitant.

 

Affaire à suivre….

 

 

 

Jocelyn Leclercq, André Vermeulen, Henry Roussez et Gérard Hellebois

001

 

 Le poinr rouge, à environ 300 m, marque la zone du crash

002.jpg

 

 

Soixante dix ans se sont écoulés......

 009.JPG

 

 

  Conclusion  personnelle (peut être un peu hasardeuse ......)

 

Compte tenu que Gérard Hellebois a vu tirer sur le chasseur qui surplombait la forteresse et de la fumée noire s'en dégager, qu'un chesseur allemand s'est écrasé à ce moment là, à Saint Venant à 4 kms environ de Morbecque, nous pouvons, par déduction, imaginer le raisonnement suivant:

 

Trois membres de l'équipage du B 17 sont  morts dans l'épave -  Lt Barsam - Lt Cramsie - Sg Tepper. Ils seront provisoirement enterrés à Merville et, je viens de l'apprendre, les honneurs militaires leur ont été  rendus. Trois autres seront fait prisonniers sur les lieux du crash. Lt Crockett - Lt Milner - Sg Homer. Libérés à la fin des hostilités, ils ne parleront pas de chasseur allemand abattu - mais c'est trés possible que les survivants n'aient pas remarqué l'ultime action d'un des leurs se déroulant dans une tourelle en partie arrière de la carlingue quelques secondes avant le crasch..

 

 

 

  08 août 2013 

 

 Monsieur Maurice Looten, ancien cultivateur à " La Papote," demeurant toujours dans son ancienne ferme avait treize ans à l'époque du crash.  Il menait déjà le cheval au travail et sortait de la ferme avec lui, coté pature, quand il vit  la forteresse venant de Morbecque, en train d'effectuer une grand virage, passer  au dessus de lui et de la ligne électrique à haute tension, à environ 50 mètres de hauteur et il  se souvient des tirs nourris d'une mitailleuse. Il ne put pas consacrer son attention sur le duel aérien, cherchant surtout à ramener le cheval à l'écurie.

 Il retrouva souvent, par la suite,  dans les champs avoisinants, des douilles de 12/7, obligatoirement éjectées de l'avion et il les conserva longtemps  ( Il fit son service militaire dans la DCA et c'est là qu'il connut le calibre des balles de la mitrailleuse de 12/7). Le mitrailleur du B 17 avait donc certainement une cible et cela prouve qu'il y avait encore, au moins,  un tireur opérationnel quelques secondes avant le crash.. 

 

Il nous signale, entre autre, que les bâtiments et cours de la ferme furent le théatre de mortels échanges entre allemands et anglais en Mai 1940. ( Mais cela est une autre histoire) 

 

  Le B 17 passa juste au dessus de cette ferme 

  010.JPG

 

 

 Monsieur Maurice Looten 

  007-copie-2.JPG

 

 

  9 août 2013      Monsieur Jocelyn Leclercq, notre véritable spécialiste en aviation de guerre, nous donne certainement la plus plausible explication en ce qui concerne les derniers instants du vol du Shangrila Lill.

 

Voici son raisonnement auquel j'adhère sans hésiter.  

 

 

" Cela confirme le témoignage de Gérard Hellebois, mais contrairement à ce que tu penses, ce mitrailleur n'est surement pas Tepper, qui était blessé selon Millner, et je ne pense pas qu'il puisse s'agir de Cramsie non plus. Je pense toujours, comme je l'ai dit vendredi dernier, que le meilleur candidat est Homer, qui aurait tiré de sa position normale, c'est à dire le sabord gauche. Cela est cohérent avec le fait que Gérard a vu le profil gauche du B-17. Des 6 aviateurs qui étaient toujours dans l'avion au moment de son atterrissage forcé, Millner écrit bien que tous étaient à l'avant, sauf Homer, ce qui tend à confirmer qu'il était resté à sa position jusqu'au dernier moment. Je pense qu'au moment de toucher terre, il devait s'être installé à la position prévue en cas d'atterrissage ou d'amerrissage forcé, c'est-à-dire dans le compartiment radio, dos à la cloison. S'il était resté debout dans son sabord, droit sur ses jambes, il aurait "valdingué" avec beaucoup de force d'arrière en avant, suffisamment pour être très griévement blessé ou tué

 

Les douilles étaient éjectées, mais pouvaient tout aussi bien tomber dans le fuselage du B-17 qu'à l'extérieur, en particulier sur les sabords, cela dépendait de l'orientation de la mitrailleuse  "

 

  B-17-sabord2.jpg

 

 

Mitrailleur de sabord gauche dans une forteresse

 B-17-WaistGunner.jpg

     

 

Merci Jocelyn Leclercq

 

 

 Donc si le chasseur allemand de Saint Venant a été abattu par la forteresse, la victoire est a attribuer à Homer, resté à sa position de mitrailleur latéral  gauche, qui ne l'a peut être pas revendiquée à son retour de captivité car il n'a certainement  pas vu le chasseur être touché, pressé effectivement de prendre la position de sécurité dans l' imminence du crash. Peut être avons nous retrouvé un  "héros américain "

 

 

 

       La mitrailleuse de sabord gauchemitr-sab-g.jpg

 

 

  tour-B-17.jpg

 

 CI dessous:

 

1  La place de la mairie ou était Gérard Hellebois

 

2  La ferme de Maurice Looten ou il se trouvait ce jour là 

 

Dans le " Champ des Quarante" l'avion s'est crashé devant Henry Roussez et André Vermeulen - parcelle 17 9

 

  Ce plan cadastral d'époque signale la ligne haute tension axée nord sud 

parc-40-copie-1.jpg 

     

  40-copie-1.jpg

 

 

 Merci André Vermeulen de nous donner le cadastre d'époque. 

Tag(s) : #Crash B 17 Shangrila Lil à Morbecque 27 Août 1943

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