Partager l'article ! L'enfer est parfois sur terre pour les sapeurs pompiers Poésie: ENFER DE GLACE ...
SAPEUR-POMPIER
Poèmes sapeurs pompiers évoquant leur vie du demi-siècle passé.
Historique de la Compagnie d'Hazebrouck
Souvenirs vécus ( Guerre, armée)
Tranches de vie. Poésie.Francis RAOUT
Officier de Sapeur Pompier volontaire depuis 1954 .
Commandant honoraire depuis 1989.
Ancien Chef de Corps du Centre Principal de Secours d'Hazebrouck.
Fondateur et Président d'Honneur de l'Association Flandres Lys
Président Adjoint de l'Association des Anciens Sapeurs Pompiers du Nord
Chef de Bataillon de Réserve de l'Armée Francaise
Conseiller Prud'homme Honoraire
Garde de Lorette
Plombier Zingueur
ENFER DE GLACE
C'était, il y a bien des années,
En plein cœur d'un hiver acharné,
Que, de la sirène, le hurlement
Déchira le "moins vingt" du mauvais temps.
Un fermier qui dégelait ses tuyauteries
Avait fait flamber ses granges, ses écuries.
Quinze bons kilomètres à faire depuis le C.S.
Sur ! Les vannes allaient geler à toute vitesse.
Ils étaient sur place, les pompiers du C.P.I.
En aspiration sur la mare du pays.
Le D.A. dégurgita quand même ses "boyaux"
Car, il allait en falloir des quantités d'eau!
La nuit était surréaliste et dantesque,
La ferme … Une seule flamme gigantesque.
Epouvantable vacarme d'un bétail qui rugit,
Cris d'agonie des pourceaux, par le feu rougis.
Sur ce chantier du diable, fourmillaient des hommes,
Crevés, gelés, hagards, bêtes de somme.
Un mouchoir sur le nez remplaçant l' A.R.I.
Pas de visière pour mettre les yeux à l'abri.
Et dire, que même devant le feu qui crépite,
Autour du casque se formaient des stalactites.
A tour de rôle, les gars allaient se reposer,
Dans une grande partie de pêche organisée.
Sur la glace, près du trou ou" l'aspirau" plongeait,
A genoux, à mains nues, les pêcheurs dégageaient
Des milliers d'alevins, dans la crépine tirés,
L'obstruant, empêchant l'eau d' être aspirée.
Et, quand Vulcain fut vaincu par tous ces braves,
Quand le gel régna en maître sur l'épave,
Plus de huit jours il fallut attendre,
Pour replier les tuyaux devenus tendres.
Les gars, cette nuit là, vous étiez des obscurs,
Dans la grande clarté.
C'est pourquoi j'ai voulu narrer votre aventure,
Pour la postérité.
Francis RAOUT Février 2005
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