La bavure
Cette guerre avait brisé leurs rêves,
Leur amour devait lutter sans trêve.
Cet uniforme il le haïssait,
Comme les grands blockhaus qu’il construisait.
Ils furent « mariés » de l’an terrible,
Et leur destin côtoya l’horrible.
Liesse d’une France libérée,
« Femme de boche » tu devras payer.
L’F.F.I. de dernière minute
Devint le « coiffeur » qui exécute.
Le « malgré nous » avait rejoint les siens,
Dans l’armée belge c’était un technicien.
Tueur de mines fut son dur labeur,
Il s’envola dans grande lueur.
Belges, Alsaciens, Lorrains furent « malgré nous »
Oui, mes copains d’école, je pense à vous.
Francis RAOUT
ADOLPHE Le " Malgré nous" Mort pour la Belgique

En 1940, une jeune hazebrouckoise, une soeur de mon épouse, et un "petit" belge convolèrent en justes noces, mais le garçon était natif de ces "cantons de l'est"
(Eupen -Malmédy) qui avaient été retirés à l'Allemagne en 1918 et que le Reich récupérera le 23 Septembre 1941. Adolphe, étant de Welkenraedt, fut donc soumis à la conscription en tant que "
citroyen allemand" et forcé d'intégrer la Werhmacht comme les "Malgré- nous" Alsaciens Lorrains. Sur 8.000 conscrits belges, 3.400 tués ou disparus.. Sur 130.000 francais, 40.000 ne
sont pas revenus
Dans la joie de la libération, des F.F.I . dont, certains, de "dernière heure", se sont emparés de ma
belle soeur et, sur la Grand'Place lui ont coupé les cheveux; Taisons le nom du "coiffeur".
A cette époque, son mari avait déserté l'organisation Todt, ces garçons à l'uniforme kaki, qui défilaient
bêche sur l'épaule, qui construisaient "le mur de l'Atlantique" et il avait rejoint l'armée belge de libération équipée de matériel anglais.(2ème Brigade
d'Infanterie.)
Il sauta sur une mine, en déminant sur la plage de Zeebrugges.
Ecolier à Thionville en Lorraine avant la guerre, j'ai su que des camarades de classe ont été également enrolés,
contre leur gré, dans l'armée allemande. Il y en a certainement sur cette photo.
Ecole Poincarré Thionville 1936