Cet insigne avec tête boutonnière pour le papa et épingle broche pour la maman était remis officiellement
par le gouvernement francais aux parents des enfants " victimes civiles des bombardements" Il représente une bombe qui éclate sur la France.
Bombardement sur
Hazebrouck le 11 Juillet 1941
Récit d'une rescapée. Madame Monique Bouquet - Vaneste
J'avais dix ans, il était quatre heures de l'après midi,je jouais dans la cour à l'arrière de la petite maison de mes parents
(Alice et Robert Vaneste) située Rue des Réservoirs à Hazebrouck (réservoirs d'eau pour alimenter les locomotives du Chemin de Fer). Maman me fit rentrer car la sirène d'alerte fonctionnait. Ma
petite soeur agée de six semaines dormait dans son berceau dans la pièce d'à côté. Tout d'un coup, j'ai eu la sensation, que je ressens encore aujourd'hui, " J'étais dans la bombe" "Je
plongeais dans la terre" Maman m'a dit que j'étais pratiquement recouverte par les débris dans la fosse de la citerne à eau qui se trouvait sous la pièce et que, bien que blessée au bras et
déshabillée par le souffle, elle m'a dégagé la figure pour que je puisse respirer. Les secours sont venus et m'ont déterrée.
Mes parents m'ont dit qu'un orage terrible s'est abattu sur Hazebrouck dans cette funeste soirée. La maison était complètement anéantie. Ma petite
soeur Claudine fut retrouvée par Monsieur Raymond Verroies deux jours plus tard, toujours allongée sur le petit matelas de son berceau, dans le chéneau d'une maison située à une vingtaine de
mètres. Elle était morte mais intacte. Personne n'avait voulu me croire quand je disais que je l'avais entendue pleurer
dès la fin du bombardement
Je ne peux pas oublier que, quelques jours avant ce 11 Juillet, j'avais perdu ma médaille de baptème et que mes parents l'ont retrouvée sur le petit matelas, près du corps de ma petite soeur. Mes parents ont reçu, officiellement deux insignes mais ne les ont jamais portés.
Le nom de ma petite soeur est inscrit sur le Monument aux Morts du Cimetière Saint Eloi avec la mention " Morte pour la France."
Le bruit courait, à ce moment là, que les bombes étaient "des torpilles jumelées. "
C'est la même personne qui, à l'Etat Civil a enregistré la naissance et le décès de Claudine
La gare d'Hazebrouck, sous les bombes, comme si nous étions dans le bombardier
Ce sont donc bien des vues aériennes du bombardement qui a tué Claudine - ( journal anglais du lendemain de l'évènement )- La bombe était peut être dans l'avion de ce garçon, mais lui, qu'est- il devenu dans la suite de cette terrible guerre? Je pense à la douloureuse solitude de ces héros anonymes.
La rue des Réservoirs - Le trou de la maison - Monique et sa màre étaient vivantes -