Pas encore pompier, mais équipier national de la Défense Passive
Nuit de l'an à Chateaubernard détruit par le
bombardement ayant anéanti la base aérienne allemande de Cognac le 31 Décembre 1943. Nuit d'apocalypse ( épaves d'avions abattus - patrouilles allemandes à la recherche des équipages alliés
rescapés.) Nous opérions à la lueur des lampes de poche. Les équipes d'urgence de Cognac ont participé à de nombreux déblaiements et sauvetages de blessés dans les villes bombardées de la
Charente. Revétus du même uniforme que celui de la milice et pris pour ses membres nous reçumes des projectiles (pots de fleurs entre autres) sur nos camions quand nous traversions les
agglomérations.
SAINT SYLVESTRE DE GUERRE
C’était pendant l’horreur d’une nuit mortelle,
Il gisait carbonisé dans sa tourelle,
Il n’avait plus besoin de nous les brancardiers,
Le mitrailleur de queue du grand bombardier.
A Châteaubernard, la commune sinistrée,
Les ruines ne donnaient que rares signes de vie,
Le Maire pleurait déjà ses administrés,
Quand les soldats tirèrent sur nous sans préavis.
Non, nous n’étions pas des aviateurs alliés,
Mais de simples équipiers par contrat moral liés.
Le « Cognac » aidant, ils nous auraient fusillés,
Quand l’un d’entre eux, entonnant « Stile naght- Douce nuit »
Parrainât la trêve de l’année qui s’enfuit.
Imprévue chorale, unisson bilingue,
Qui faisaient monter vers les étoiles
La mémoire des héros morts dans leur carlingue,
Des soldats, des civils, pour qui tous yeux se voilent.
F.Raout 31 Décembre 1993
Au retour de cette mission, un télégramme m’annonçait le décès de ma Grand-mère (31/12/43)
Ce 1er Janvier ne peut se déraciner de ma mémoire.