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 Un nouveau grand témoin du crash du SHANGRILA LIL à Morbecque

 Monsieur Pierre Boulier, ami d'enfance de Gérard Helleboid, notre témoin N° 1 aujourd'hui disparu, nous fait parvenir un nouveau et important témoignage du crash de la Forteresse Volante de Morbecque.

 


C'est la guerre, nous sommes en 1940 au mois de Mai, j'ai 11 ans, j'habite dans le Nord dans les Flandres, dans une maison du centre du village, mais nous sommes des sinistrés.
En effet, une heure avant l'arrivée de l'armée allemande pour occuper notre village de Morbecque (2500 habitants) près d'Hazebrouck, l'artillerie allemande a détruit et incendié une partie du village dont l'église et d'autres bâtiments.
C'est ainsi que notre maison fut complètement démolie et incendiée. Affolés, nous sommes partis en courant, enjambant des morts sur les trottoirs, pour nous réfugier dans une maison ouverte située à 100 mètres environ.
En me retournant pendant ce petit parcours, j'ai vu les S.S. vêtus de noir arriver en courant et entendu les balles siffler.
C'était horrible et nous avons très peur. Une grenade a été lancée dans cette maison de secours mais elle ne nous a pas atteints dans ce long couloir.
Pendant quelques heures,  cachés dans la cour de cette maison, nous avons entendu passer l'armée motorisée de la Wermarch et, près de nous soudainement, un officier allemand parlant parfaitement le français, nous a dit que nous ne risquions plus rien "vous pouvez sortir". Souvenirs inoubliables.
Le Maire Paul Lerouge, nous a offert le logement de sa ferme et des matelas pour passer la nuit et davantage; une nuit de passage de bombardiers qui allaient sur Dunkerque.

Ce préambule m'a paru nécessaire pour situer le contexte très difficile de l'époque.
Pendant un an nous logions dans la famille ou chez des amis, sur place ou dans un village voisin.
Les autorités nous ont construit une petite maison sur le jardin de l'école communale, à 50 mètres de l'habitation de notre ami Gérard Helleboid, sans aucun confort, mais nous étions chez nous ....

Le village est largement envahi, 2 écoles sur 4 ainsi que la Mairie sont occupées. Une grande maison (n° 18 aujourd'hui) est réquisitionnée pour la Kommandantur. En face, flotte le drapeau à croix gammee.
Des milliers de soldats occupent le château qui a été bombardé.

Tous les jours nous avions droit au défilé chanté "ali - alo - ala". C'était l'occupation totale...


Pendant ces années de guerre, jour et nuit, nous étions avertis par les hurlements de la sirène de la Mairie et invités à nous rendre à l'abri le plus proche. Il s'agissait du passage de bombardiers pour l'Allemagne ou pour la forêt de Nieppe (fusées V2) ou pour le Bois des 8 Rues (rampes V1) pour l'Angleterre..

Comme tous les gamins de mon âge, j'étais toujours dehors à la recherche d'un événement à rapporter à la maison ou à raconter aux copains.

Ce jour-là, je m'en souviens très bien, c'était le 27 Août 1943, j'avais 14 ans.
Tandis que je me trouvais dans le pré d'Albert Lerouge, mon attention fut attirée par un énorme avion pas très haut; il avait l'air d'une forteresse volante B17 reconnaissable de loin par son grand gouvernail. Il baissait d'altitude et je l'ai perdu de vue dans le décor naturel.
Au même moment, je lève les yeux par hasard et j'aperçois dans les airs, un parachutiste qui descend à une allure très modérée, le spectacle était magnifique, j'étais émerveillé, son parachute me paraissait grand; finalement, notre américain a atterri à 100 mètres de moi environ dans le pré, sur son côté gauche apparemment; il s'est mis debout aussitôt pour se décrocher et laisser le tout par terre. Je l'ai bien vu.
     A ce moment-là, quelques soldats allemands, casqués et mitraillette au poing arrivaient en courant, l'américain s'étant rendu, la petite troupe est partie à pied à la Kommandatur en passant à 3 mètres de moi, ce qui m'a permis de bien le voir

   C'était un grand gaillard assez mince, genre texan, allure sportive, qui mâchait du chewing-gum.
    Il portait des petites bottes fourrées, une combinaison de toile kaki et un casque Usa Air Force et des insignes. Il était impressionnant !

Pierre Boulier

 

Tag(s) : #Crash B 17 Shangrila Lil à Morbecque 27 Août 1943

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