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Nuit de Saint Sylvestre inoubliable

C'était  "  pendant l'horreur d'une profonde guerre" . 1943, la géôlière laissait place à 1944 "la libératrice".

J'allais vers mes dix huit ans, un âge critique en ces temps là...

Réfugié à Cognac, j'étais tout proche voisin de l'une des plus importantes bases aériennes allemandes en Europe.( A peine 1 km)

Souvent attaquée par des chasseurs bombardiers alliés en piqué, elle n'avait pas encore été inoxerablement touchée.

Ce 31 décembre 1943, plus de 150 Forteresses Volantes et Libérators déversèrent, en fin de matinée, des centaines de bombes entrainant des destructions gravissimes d'avions, de pistes, de batteries de DCA, de bâtiments, de hangars......

Les avions passèrent par vagues au dessus de nous, la DCA ( la Flag) criblait le ciel d'éclatements noirs. Des bombardiers étaient touchés, des parachutes s'ouvraient...

Aujourd'hui, j'ai du mal à comprendre qu'aucune bombe, qu'aucun avion en perdition n'ont touché la ville de Cognac. Bien sûr, quelques maisons de Chateaubernard, jouxtant au nord la base et de Genté la touchant au sud  furent démolies et durent être déblayées.

Comme je faisais partie des équipes nationales d'intervention avec mes camarades de collège nous avons été dirigés vers ces deux localités au début de l'après midi et la nuit est vite arrivée. Nous nous déplaçions à pieds sur les petites routes de campagne, tout au long de la nuit pour rechercher des victimes et nous avons vécu plusieurs moments d'intense émotion.

Ce fut tout d'abord, le sauvetage d'une dame prise dans l'éboulement de sa maison puis, comme me le rappelait hier au téléphone mon ami Maurice Zoèl ( ancien adjoint au Maire de Cognac),  la découverte du corps carbonisé du mitrailleur de queue d'un bombardier, encore dans sa tourelle détachée de l'appareil et se trouvant  dans un champ.

Et, un peu après minuit, nous nous retrouvons en façe d'un groupe de soldats allemands à la recherche des parachutistes éparpillés dans la campagne. L'un deux a même tiré une rafale en l'air pour, certainement nous faire peur. Nous crions "franzoses, franzoses..."

Quand ils nous rejoignèrent, nous pouvions voir que le    Cognac" de la nuit de l'an faisait de l'effet, qu'ils n'avaient pas de mauvaises intentions à notre égard à tel point que lorsqu'ils entonnèrent "Stille Nargt " j'avoue que nos voix, en francais, se sont mélées aux leurs.

Si, à Hazebrouck ,les multiples bombardements sur la gare de triage ont fait de nombreuses victimes civiles, je ne peux pas comprendre qu'un tel anéantissement  de la base aérienne de Cognac et que les nombreuses attaques en piqué sur des trains de matériels en gare n'ont fait aucune victime ni aucune démolition dans la ville de Francois 1er.

Devons nous tirer notre chapeau devant nos héros anglo- américains ou bien penser que, pendant la guerre, Cognac fut spécialement protégée  par les capitaux angl..............

 

 

J'avais, le 31 décembre 1993, écrit un petit poème sur cette nuit tragique  

Voir le lien suivant:     https://lc.cx/4SwF

 

Et au retour de cette mission, le 1er janvier 1944, en fin de matinée, un télégramme reçu, la veille par mes parents, m'annonçait le décés, à Hazebrouck, de ma grand'mère maternelle. Comment oublier?....

Mes parents purent se rendre "en zone rouge" moi je restais seul à Cognac plus longtemps que prévu car mon geand père décéda huit jours après son épouse.....

 

 

 

Tag(s) : #SOUVENIRS DE GUERRE

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