La ville d'Hazebrouck recoit la Croix de Guerre et la compagnie de Sapeurs Pompiers, la Médaille du Courage et du
Dévouement
Dimanche 8 octobre 1950, après la levée des couleurs par les Gendarmes, les Sapeurs Pompiers, les Anciens Combattants, toutes les Sociétés locales, au son de marches entrainantes exécutées par l’Union Musicale, les Trompettes et la clique des Pompiers se sont rendus au cimetière du Nouveau Monde. Un arrêt eu lieu devant les tombes des membres de la famille Deryck et de MM. Anniéré et Bellangier fusillés par les Allemands lors des derniers épisodes précédant la libération de la Ville.
Devant les notabilités, Mr Auguste Damette, Maire, Conseiller général, et Mr Obert, des Militaires déposèrent des gerbes sur les tombes. Sonnerie « Aux Morts » Minute de silence.
Le cortège regagna la Grand-Place et les Sociétés furent passées en revue par les Généraux Poydenot et Dewinck. Qui se rendirent en empruntant la haie d’honneur formée par les Gendarmes au grand salon de l’Hôtel de Ville où se trouvait réunie une nombreuse assistance. Devant le Sous Préfet, quatre députés et toutes les personnalités du secteur, Monsieur le Maire prononça une allocution et offrit le champagne.
Précédé par quatre gendarmes à motocyclette, le cortège se reforma et gagna le cimetière St Eloi où se trouve l’imposant monument aux morts. Minute de silence - Sonnerie «Aux Morts » - Marseillaise – Dépôt de gerbes. Puis, à l’église St Eloi, messe pour toutes les victimes de la guerre dite par Monseigneur Vermesch – Marche Lorraine par l’Union Musicale et les plus beaux chants de la Chorale Ste Cécile. Sermon prononcé par le chanoine Allaert, supérieur du petit séminaire dont on retiendra ces phrases : A l’exemple de Jeanne d’Arc qui prononça ces mots : « Mon étendard fut à la peine, il est aujourd’hui à l’honneur. » la ville d’Hazebrouck reçoit, avec la Croix de guerre, la juste récompense de son courage et de son patriotisme. Il rappela les heures critiques des bombardements et leurs victimes et il termina en disant « La fraternité nous lie dans le souvenir.
Arrivé par camions le détachement du 43ième Régiment d’Infanterie procéda au lever des couleurs dans la cour de la Gendarmerie. Les sonneries furent exécutées par la musique du Régiment sous la direction du Lieutenant Berthélémy . Salués par la population, les soldats s’alignèrent face à la Société Générale. Arrivèrent les enfants des écoles et une foule nombreuse.
A 15 heures, Mr Porte, délégué par le Maire reçut les personnalités françaises et étrangères et offrit un vin d’honneur.
A 15 heures 30, Les Généraux et les parlementaires arrivèrent sur la place en automobile et passèrent les détachements et sociétés en revue.
Sur l’estrade dressée face à l’Hôtel de Ville commencèrent les remises de décorations.
La Batterie du 43 ouvrit le ban, Monsieur Darou, député, remet la rosette de la Légion d’honneur à MM Eugène Degeuser et Paul Leschaeve, grands mutilés de guerre, le Général Devynck épingla la Croix de Guerre sur la poitrine de MM Paul Lamblin et André Patteyn, Mr Romelaere reçut la Médaille des Evadés des mains de Mr Darou. Mr Léon Cauwel, la Croix d’Officier de la Santé Publique de la part de Mr Robert Prigent, ancien Ministre.
La médaille du Courage et du Dévouement est épinglée au drapeau de la Compagnie de Sapeurs Pompiers par Mr Oster, Sous Préfet de Dunkerque.
La Batterie ferme le Ban.
Les généraux et les personnalités au Monument aux Morts au cimetière St Eloi
REMISE DE LA CROIX DE GUERRE
Les personnalités prennent place sur l’estrade, la jeune Nicole Defrance, entourée de Marthe Deram porte le cousin de la décoration. Le Général Poydenot fait un discours de haute tenue relatant les heures tragiques que connues la Cité. Il rendit hommage à l’ardent patriotisme de la population qui en dépit de pénibles souffrances refusa de plier sous le joug de l’ennemi et témoigna de sa volonté farouche à combattre jusqu’à la victoire.
Garde à vous - Ouvrez le Ban.
Lecture de la citation : Déjà titulaire de la Croix de Guerre 14/18,
Hazebrouck, en raison de sa situation ferroviaire, a subi de nombreux et graves bombardements aériens. Sa population, cruellement éprouvée, n’a cessé de montrer le plus grand courage. Par la voie de ses organisations de résistance, n’a cessé de fournir aux Alliés de précieux renseignements sur les emplacements de rampes de lancement de V1, sur les mouvements de troupes transitant dans sa gare et ce, au mépris de son existence propre.
A donc donné à la Patrie l’exemple de l’héroïsme le plus pur.
Monsieur Damette remercia tous les personnalités présentes, le 43ème R.I. les anciens combattants, les Sociétés, les Sapeurs Pompiers, en un mot tous ceux qui ont contribué à immortaliser la journée et tous ceux qui ont lutté durant les heures tragiques de la guerre.
Lorsque après la Grande Guerre, la Croix fut remise à l’Abbé Lemire il conclu son discours par ces mots « Qu’elle prenne place au dessous du Lion des Flandres
Et qu’elle rappelle, à jamais, la triple leçon des sacrifices acceptés, de la rectitude civile gardée, de la serviabilité fraternelle pratiquée, de ces vertus qui furent l’honneur de notre ville hier, et qui restent son devoir demain. »
« Cette ligne de conduite sera la nôtre » termina le Maire - Que vive la France – Que vive Hazebrouck »
Le défilé commença et entraina tout le monde.
La Musique du 43, malgré le départ de nombreux bons éléments pour l’Indochine, fit un magnifique concert – Après une assiette anglaise, d’un demi de bière et d’un verre de vin et un dernier défilé les « troupiers » nous quittèrent.
Une accalmie de la pluie qui avait sévi toute la journée permit la mise en route du feu d’artifice.
Le public a applaudi, notamment, la gigantesque Croix de Guerre qui brilla de mille feux. La Grand’ Place présenta dans la soirée un magnifique coup d’œil. La monumentale Croix de Guerre dressée sur l’Hôtel de ville était éclairée à profusion ainsi que le séculaire monument.
Le bal populaire commença dans la cour de l’Hôtel de Ville à 21 h – orchestre Rolando - et continua à 22 h dans la salle des fêtes (Certainement le mauvais temps)
La ville a offert un banquet le lundi midi à 125 « vieux et bonnes vieilles » qui, de longtemps, n’avaient pas été à pareille fête.